Posted on | novembre 23, 2012 | No Comments

Nicolas Bonnell est un véritable passionné de Paris. Son métier 1er c’est le cinéma mais devant le succès de son blog Paris Unplugged, il semble qu’un projet associant le numérique à Paris voit le jour prochainement.

 

1) D’où te vient cette passion pour Paris ? En a-t-il toujours été ainsi ? As-tu songé à vivre ailleurs ? As-tu d’ailleurs vécu ailleurs ?

Depuis ma petite enfance, j’ai toujours nourri une passion infinie pour l’Histoire. La petite comme la grande. L’Histoire des peuples, au même titre que l’histoire des gens. Etant né et élevé à Paris, ville que j’adore, les deux se sont rejoint doucement.

Je n’ai jamais vécu autre part. Mes racines sont là. J’ai beaucoup voyagé de par mon métier dans le cinéma, mais je n’ai jamais eu aucune tentation d’expatriation. Contrairement à beaucoup de gens de ma génération, j’aime trop ma ville et mon pays. J’y découvre tout le temps de nouvelles choses. Cela ne m’empêche pas de rester curieux et ouvert d’esprit.

 

2) Comment a démarré Paris Unplugged ?

Paris Unplugged est issu de trois moments clés. En 1997, j’avais 21 ans, je suis tombé par hasard sur une photo du fossé des fortifications de Paris dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai été complètement fasciné de découvrir que je cet ouvrage monumental démantelé dans les années 20 était si récent. Dans la foulée, j’ai entrepris de faire le tour de Paris en PC à la recherche du moindre vestige. Nous étions début janvier et je crois que ma copine de l’époque m’en veut encore J. Il faut se remettre dans un contexte ou Internet démarrait. L’accès à l’information était bien moins simple qu’aujourd’hui. J’ai donc cherché tous les bouquins possibles sur le sujet, sans grand succès car la plupart étaient épuisés.

La deuxième étape fut la découverte des romans de Léo Malet, ‘Les nouveaux Mystères de Paris ». Durant l’été 2000, je me trouvais en Espagne. Très vite à court de lectures de plage, j’ai trouvé une librairie qui vendaient des bouquins en Français, dont les fameux Nestor Burma. J’achetais au hasard ‘Les rats de Montsouris » et « Corrida aux Champs Elysées ». Le choc! Au delà de cette géniale description de l’atmosphère parisienne des années 50, le style de Malet possédait une spontanéité et une gouaille dont je ne me lasse toujours pas. Pour l’anecdote, j’ai mis des années à rassembler la collection complète en poche dont les couvertures étaient dessinées par Tardi. La aussi, Internet m’a beaucoup aidé ;)

Enfin concernant Paris Unplugged, j’ai eu l’idée du site fin 2010. J’éprouvais le besoin de transmettre autour de mes nombreuses passions. Pour commencer, l’Histoire de Paris me semblait être un sujet fédérateur. Ma seule ambition au départ consistait à divertir les internautes tout en piquant leur curiosité de façon instructive et ludique. La multiplication des sollicitations sur le net est telle, que le temps d’attention des gens est devenu très court. Le site Paris Unplugged est organisé en conséquence. J’écris mes textes de façon à ce qu’ils n’excèdent pas 20 ou 30 lignes en essayant de les illustrer avec un maximum de photos. J’aime l’idée que mes lecteurs puissent redécouvrir l’histoire de leur quartier. Je suis souvent frappé de voir à quel point chez certains, ces images anciennes peuvent toucher la mémoire et l’intimité des familles.

Quand au nom Unplugged, il provient de deux sources. Il s’agit d’abord d’une référence directe à PLUG, une société d’effets visuels pour le cinéma que je dirige depuis 5 ans. Le terme Unplugged évoque aussi cette période ou nos grands parents étaient littéralement « débranchés » des réseaux de toutes sortes qui envahissent nos vies d’aujourd’hui.

 

3) Comment recherches-tu toutes ces photos ? Tu les trouves toutes par toi-même ou bien l’on t’en envoie aussi ?

J’en possède maintenant un stock très important. La plupart du temps, je les trouve moi sur le Net ou dans des livres que je possède depuis longtemps. Les brocantes me sont aussi d’une grande utilité. Il arrive aussi que certains amis qui suivent la page Facebook m’en envoient aussi. Quand c’est le cas, je leur rajoute toujours un crédit. Je choisis la plupart du temps mes sujets en fonction de mon inspiration du moment. Il est très courant qu’une heure avant de publier un article, je ne sache pas quel thème je vais aborder J

J’aime l’idée que les gens puissent avoir la démarche volontaire d’aller sur le site. D’un autre côté, l’idée de venir chercher de nouveaux lecteurs ne me déplait pas. La page Facebook de par son côté plus intrusif, est faite pour ça.

 

4) As-tu songé à organiser des visites ?

Non pas pour le moment. Peut être pourrais je le faire de façon exceptionnelle à l’occasion d’évènements mais je pense que d’autres dont c’est le métier, pourront le faire bien mieux que moi J

Je suis intervenu au Printemps dans un documentaire pour France 5 à propos de l’Histoire de la Statue de Napoléon par Charles Emile Seurre, qui, avant de se trouver aux Invalides ornait le sommet de la Colonne Vendôme. La réalisatrice Mathilde Deschamps m’a contacté après avoir découvert le site. J’ai adoré cette expérience.

 

5) Devant le succès de ta page, envisages-tu de faire un livre ou un DVD ?

Je nourris beaucoup de projets complémentaires dont un projet d’une série de films documentaires que je suis en train de mettre en place, ainsi qu’un site miroir sur le Paris moderne dont je ne peux pas encore tout dévoiler aujourd’hui ;).

Passionné par l’art sous toutes ses formes, j’aime l’idée de faire coexister la transmission de l’Histoire avec une grande liberté de ton. Il faut dépoussiérer l’image rébarbative de cette discipline pour la rendre accessible au plus grand nombre, car je constate qu’il y a un désir réel de la part du public. De plus les nouvelles règles de l’économie numérique ouvrent un champ des possibilités infini. L’entrepreneur que je suis reste persuadé que le combat de demain se situe au niveau des idées plus que des moyens. La suite de Paris Unplugged s’inscrira dans cette dynamique des 2013.

 

 

Interview Spéciale Paris Unplugged l’émission (30/11/2013)

Nicolas Bonnell a utilisé le procédé du crowd funding pour tenter de faire financer son projet d’émission « Paris Unplugged« .
Le Vrai Paris le soutient totalement dans cette démarche c’est pourquoi nous voulons l’aider à réunir la somme nécessaire en proposant un éclairage sur son projet.

 

Découvrez la vidéo de présentation du projet sur le site Kiss Kiss Bank Bank.

 

 

1) Bonjour Nicolas, les lecteurs du Vrai Paris te connaissent déjà. Si je reviens te voir aujourd’hui c’est que depuis l’interview parue en 2012, Paris Unplugged n’a cessé de grandir et tu as aujourd’hui un projet d’émission télévisée, peux-tu nous en dire un peu plus ?
Est-ce que cette émission a vocation à finir à la télévision ou comptes-tu exclusivement l’héberger via ton site internet ?

Le concept original consistait en un programme télévisé. Compte tenu de la conjoncture très difficile des financements traditionnels, j’ai opté pour une diffusion préalable sur Internet dans le cadre d’un budget réduit.
Je souhaite que ce projet soit vu par le plus large public possible. C’est la seule chose qui m’importe vraiment. La question du support reste secondaire.

 

2) As-tu été voir des médias traditionnels d’abord ou bien as-tu dès le départ voulu l’héberger sur ton site ?

J’avais déjà fait quelques démarches. Toutefois, les processus étant très longs, j’ai choisi de tester d’abord le concept auprès des internautes. L’approche en crowdfunding permet à la fois de prendre la température et réduire les délais de conception. La question du désir du public reste fondamentale à mes yeux.

 

3) Tu travailles toi-même dans les effets spéciaux, ce savoir-faire va te servir dans la préparation des émissions, non ?

J’ai surtout la chance d’être entouré par des professionnels de l’image qui produisent de très belles choses.
En tant que réalisateur, je suis loin d’être un partisan de l’effet spécial à tout prix. Cela a beau être mon premier métier, je pense que notre génération est saturée d’images très impressionnantes, qui à force d’être empilées et banalisées finissent par lasser.
Je reste beaucoup plus sensible au pouvoir de suggestion de l’image et du son. Quels que soient les outils utilisés, l’important reste de raconter une bonne histoire au cours de laquelle l’imaginaire doit encore pouvoir réclamer son dû.

 

4) Qu’est ce qui te motive dans le fait de proposer cette émission ?

En premier lieu, partager, partager et encore partager. Je souhaitais aussi offrir à Paris Unplugged une corde supplémentaire. En m’exposant personnellement, il me semblait important d’aller directement à la rencontre des lecteurs du site. Nous vivons une époque ou communiquer n’a jamais été aussi facile et où le repli sur soi n’a jamais été aussi brutal. Au delà de notre patrimoine commun, « Paris Unplugged » représente un état d’esprit d’ouverture et de communication. Le terme « Unplugged » évoque clairement cette époque ou les gens déconnectés du virtuel se parlaient beaucoup plus. C’est pourquoi je suis toujours ravi d’ouvrir cette tribune à des artistes, photographes ou chroniqueurs qui ont des choses à dire.
Pour revenir à l’émission, je voulais offrir une nouvelle dimension à l’Histoire de Paris en testant de nouveaux procédés narratifs. Conjuguer le passé au futur consiste à parler de choses anciennes de façon ludique, fun et moderne.

 

5) Le projet a récolté à 2000 euros au bout de 20 jours, il reste 4000 euros à récolter pour les 30 jours restants, de quoi être confiant, tu le sens comment ?

Le processus est très difficile, mais je reste confiant. Cette période de l’année est compliquée pour beaucoup. J’en profite pour remercier chaleureusement tous les soutiens que le projet a déjà reçus. Quelque soit le résultat, il s’agit d’une expérience passionnante au cours de laquelle j’aurai beaucoup appris.
Enfin, je ne travaille que pour mes lecteurs. Si le concept de l’Émission ne remporte pas suffisamment de suffrages, je respecterais ce choix et proposerai d’autres choses.

 

6) As-tu eu des donateurs de l’étranger ?

Oui quelques uns. J’avais pris soin de sous-titrer la vidéo ☺. Cela me fait très plaisir de constater que le site, malgré la barrière de la langue est très apprécié à l’étranger. Je précise que l’Émission sera sous-titrée en anglais.

 

7) Il y a un engouement récent pour Paris, à quoi l’expliques-tu ?

En premier lieu, Paris est une ville magnifique. Dire qu’il s’agit de la plus belle ville du monde n’est pas exagéré. Ce fait assez basique explique largement le fait que des personnes vivant de l’autre côté de la Terre dépensent parfois beaucoup d’argent pour y passer quelques jours.
D’un autre côté, Paris s’adapte à toutes les sensibilités. Que vous aimiez la gastronomie, la mode, l’histoire ou le polar, Paris reste un endroit à multiples facettes, au carrefour de toutes les passions. Que vous soyez touriste ou résident, cette pluralité reste une chose merveilleuse et assez unique.

 

8) Si tu réunis la somme nécessaire sais-tu déjà sur quelle thématique portera la 1ère émission ?

Il y a trois possibilités, mais cela restera une surprise jusqu’au bout ☺


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